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SALERNES (83)

LA THOLOS DE LA LAUVE

une tombe circulaire de plus de 4000  ans

Au nord de Salernes, la tholos de la Lauve, tombe circulaire, a été édifiée au sommet du plateau. Ce mégalithe, unique en son genre en Provence, s'est révélé aussi vieux que les pyramides d'Egypte.

UNE TOMBE COLLECTIVE

Fouillé en 1950 par André Taxil, pharmacien de Salernes et passionné érudit, le site a brûlé en 1991, et la tholos, reconstituée en 1993, se présente aujourd'hui comme un cercle de pierres dans une forêt de cistes et de romarins.

"Ce monument de la fin du néolithique", précise Marjorie notre guide, "doit faire environ 6 mètres de diamètre. Au centre, on peut voir l'emplacement de la chambre sépulchrale, où l'on a retrouvé les os brisés de 25 corps. Avec eux avaient été enterrés des bijoux en serpentine et en coquillages, ainsi que des petits silex. Cette tombe date de 4000 ans ; c'est le début de l'âge de bronze et du culte des ancêtres. On peut imaginer que ces hommes ont été ensevelis sur le point le plus haut de la colline pour assurer une protection aux habitants, qui vivaient sans doute dans le vallon. Il faut imaginer que cette construction était fermée par une voûte d'environ 4 mètres de haut, l'ouverture étant située à l'ouest".

DES PIERRES POUR LE TRAIN DES PIGNES

Il est vrai que d'ici, le regard porte loin. On reconnait les Bessillons ("bessoun", soit les jumeaux en provençal), le gros et le petit, reconnaissable sous cet angle à sa forme de pyramide, l'extrémité de la Sainte Baume, Tourtour, le village dans le ciel... 

 

Si l'on parvient au site à partir de la D560, le sentier grimpe à découvert sur le rocher, et on peut observer, depart et d'autre du chemin, que des trous plus ou moins profonds ont été creusés. "Il s'agit de zones d'excavation des pierres qui ont servi à faire le balast de la voie ferrée du Train des Pignes". Un train qui reliait le Haut Var à la Méditerranée et aux Alpes, en traversant d'immenses étendues de forêts de pins, d'où son nom (pigne étant en provençal la pomme de pin). Aujourd'hui, les Chemins de Fer de Provence ont conservé une liaison entre Nice et Digne, une ligne mythique qui parcourt des paysages époustouflants.

LES AROMES DE LA COLLINE

L'accès à la tholos à partir de la piste sur la D31 entre Salernes et Aups est tout différent, et chemine dans une zone anciennement cultivée ou persistent encore des oliviers, puis au milieu de plantes aromatiques.

le phasme, brun ou vert, se nourrit uniquement de feuilles de ronces

En cette fin de mois de mai, on découvre des orchidées, l'aphyllante de Montpellier, dont les touffes de longues tiges rigidesenferment des feuilles réduites dans d'étroites gaines à leur base ; elles laissent émerger de délicates fleurs bleues dont le goût sucré lui a valu le surnom de "sucre du berger". A côté du thym qui embaume la colline, pousse le faux thym. "On l'appelle aussi "badasse", et on le distingue facilement du premier, car il n'a pas d'odeur. Il appartient à la famille du mimosa ; il fleurit de bonne heure (de petites fleurs blanches), et est bien souvent la première nourriture des abeilles au sortir de l'hiver". On reconnait la sariette ou "poivre d'âne, l'immortelle, "la star de l'aromathérapie, qui appartient àla famille du pissenlit et du génepi ; elle soigne en particulier les traumatismes, et peut remplacer le curry en cuisine". On distingue la lavande aspic, la plus grande, qui pousse jusqu'à 800 mètres d'altitude ; "chaque tige est ramifiée en trois branches. Dans la région des Maures, on observe la lavande papillon ou lavande à toupet. la lavande vraie, celle des parfumeurs, coît entre 600 et 2000 mètres ; sa tige est courte, et on la rencontre encore dans la région de Mons ou de Combs sur Artuby. L'hybridation de la lavande aspic et de la lavande vraie a donné le lavandin, qui couvre le plateau de Valensole".

teucrium polium, une germandrée dont la feuille froissée dégage une odeur de saucisson

l'origan, variété sauvage de la marjolaine ; tige poilue et envers de la feuille veinée de rouge ; froissée, elle dégage une odeur de sauce tomate

Et voici les genévriers. Le genévrier
commun dont les baies bleues sont utilisées pour faire l'alcool de genièvre.
"On l'appelle commun, car c'est le cônifère le plus répandu sur la planète. Sa feuille est traversée d'une bande blanche, tandis que celle du genévrier cade présente deux bandes blanches ; le cade produit des fruits bruns ; il est connu pour son huile obtenue désormais par distillation, aux vertus médicinales cutanées. Le genévrier de Phénicie (ci-contre), quant à lui, ressemble au cyprès. C'est une essence de lumière, qui tend à disparaitre chez nous. Dans le P.N.R. de l'Ardèche, certains seraient âgés de plus de 5000 ans : les plus vieux arbres de France !"

 La rue, plante aromatique d'environ 1 mètre de haut, s'orne de petites fleurs jaunes "ressemblant de près à un mini-vaisseau spatial. Plante abortive en infusion car elle provoque des contractions de l'utérus, elle est aussi un condiment à petites doses ; quelques feuilles finement hachées parfumeront une ratatouille. Appelée aussi "noix de coco provençale", elle est cultivée sur le plateau de Valensole. On en tire trois huiles essentielles différentes : à partir des fruits, des fleurs et des feuilles. Elle est utilisée pour parfumer les yaourts, ou le gel douche... A manipuler avec précaution, cette plante pouvant provoquer des réactions allergiques à type de brûlures".

 

  

 le baguenaudier, dit "arbre à vessies" à cause de ses fruits  (baguenaudes), d'un brun-rougeâtre, translucides à maturité

 l'égilope, l'ancêtre du blé, dont les grains se sont multipliés après sélections successives


Le chèvrefeuille des Baléares, cette plante grimpante aux fleurs odorantes, s'enroule autour d'un jeune chêne. "On l'appelle aussi chèvrefeuille embrassant, à cause de la disposition de ses feuilles soudées. Il en existe quatre en Provence, tous toxiques. Celui-ci est le plus méditerranéen ; ses feuilles présentent un côté vert foncé et un côté presque blanc, comme celles de l'olivier". Le pistachier térébinthe, dont l'écorce renferme une gomme servant à fabriquer un solvant, l'essence de térébenthine, côtoie le pistachier lentisque, ou arbre aux oreilles de lapin. "Ce dernier est un diurétique, et sa résine, une graisse végétale, est abondamment utilisée en cosmétique. C'est à cette fin qu'il est cultivé en Grèce et en Turquie".

 
" Fabriquée au départ en Provence, l'absinthe provoque de sérieux dégâts sur la santé lorsque cette plante méditerranéenne est transplantée dans la région parisienne. On s'apercevra que sur notre sol, le puissant neuro-toxique qu'elle renferme, la tuyone, n'est présent qu'à 4%, alors qu'en région parisienne, sa concentration atteint 45%..." 

 PASTIS et ABSINTHE

Le fenouil  ( ci-contre) étale ses larges ombrelles. "Plante aux propriétés digestives, elle entre dans la composition du pastis, accompagnée de l'anis étoilé ou badiane, la réglisse, les grains de café et l'absinthe ; on peut y rajouter du miel ou du caramel". Inventé par Mr Pernod en 1918, le pastis vient remplacer l'absinthe, interdite en 1915.


Du plateau de la Lauve, il est facile de rejoindre le Vallon Saint Barthélémy pour poursuivre une balade dans l'Histoire. A noter aussi l'aven sépulchral de Plérimond, du 6ème siècle avant J.C. à Aups.



la Tholos de la Lauve par api-movie


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