SAINT JULIEN LE MONTAGNIER
un belvédère sur le Haut Var
Sur la rive gauche du Verdon, et à quelques minutes à pied du lac d'Esparron, la commune de Saint Julien le Montagnier regroupe une trentaine de hameaux sur plus de 7500 ha. Le vieux village de Saint Julien, perché à 580 m d'altitude, offre une vue à 360 ° sur les six départements environnants : un belvédère sur le Haut Var d'où s'effectue la surveillance des feux de forêt. Visite guidée, organisée par l'association "Les Chemins du Patrimoine" et le Parc Naturel Régional du Verdon, à l'occasion des Caminades du Verdon.
LE PARADIS DES ANES
| Depuis le hameau Saint Pierre, devenu centre administratif de Saint Julien en 1929, l'accès le plus rapide au vieux village est "le Paradis des Anes" : une calade (chemin empierré) assez raide, construite au pas d'âne ou pas de mule. "De longs paliers séparent des marches basses", explique notre guide ; "leur longueur est calculée de sorte que le nombre de pas pour parcourir une marche soit impair". Sur cette face nord de la colline, les chênes abondent. "Les habitants faisaient autrefois de la farine avec les glands. On devine d'anciennes cultures en restanques : oliviers, champs et amandiers, dont beaucoup sont morts... Les murets de pierre sèche ont disparu sous la végétation. Pas de vigne ici : elle était plutôt plantée dans la plaine". |
LES REMPARTS
Le sentier caladé débouche sur le cours où s'élèvent les vestiges des premiers remparts du 13ème siècle. "Au-dessus, s'étendaient les jardins où avaient été plantées quelques espèces rares ; et d'ici part la route de la gare. Les habitants du village avaient ardemment souhaité voir le chemin de fer arriver jusqu'à Saint Julien ; mais la route de la gare est toujours restée celle de Saint Martin de Pallières, à 10 kilomètres d'ici".
L'ECOLE, LA MAIRIE, L'HOSPICE...
Parmi de nombreuses maisons rénovées et fleuries, on peut voir l'ancienne école, l'Hôtel de Ville de l'époque et dans la traverse des Pénitents, l'hopital charité, un établissement spécialisé dans les soins aux pauvres. Au-dessus de la porte, on remarque une statue de la Vierge enceinte, sculpture plutôt rare."Ici, les religieuses s'occupaient des femmes qui venaient accoucher".
DEVANT L'EGLISE, L'AIRE DE BATTAGE
Devant l'église s'allonge l'aire de battage, à l'extrémité de laquelle se tenait au Moyen Age, dit-on,le gibet. "Il parait qu'en septembre 1936, Daladier aurait rencontré ici Churchill, dans le cadre des grandes manoeuvres d'avant-guerre". LES MOULINS
A l'ouest, le portail de Gourdane, édifié au 12ème siècle, s'ouvre sur la seconde aire de battage, et la chapelle de l'Anonciade. "Le petit bourg de Gourdane s'élevait sur les vestiges d'un oppidum celto-ligure. Les moulins ont été restaurés il y a 5 ou 6 ans par les Compagnons du Tour de France. Sur cette aire se déroulent parfois des spectacles : Léo Ferré y est venu chanter, et plus récemment, s'y est jouée la tragédie d'Andromaque. Et puis en août, on vient y admirer les étoiles filantes..." L'EGLISE CLASSEE MONUMENT HISTORIQUE L'église, classée monument historique, se dresse face à l'ancien Hôtel de Ville. Sa construction a été réalisée en plusieurs phases, et la partie la plus ancienne, qui date du 11ème - 12ème siècle, est la mieux construite. "Les apprentis des maçons lombards qui y ont travaillé, sont ceux qui ont édifié les premières cathédrales... Le collatéral droit bâti cent ans plus tard, est plus rustique. Quant au collatéral gauche, du 16ème siècle et de style gothique, il représente un ouvrage médiocre". Son entrée est très particulière, car la porte est surmontée d'une pierre en marbre, datant environ du 5ème siècle (une autre est également incluse dans la façade opposée). "Cette pierre a-t-elle été importée ou a-t-elle été trouvée sur place ? Nul ne le sait ; au 16ème siècle, Saint Julien était occupé par les protestants, et cette pierre ancienne était peut-être pour eux le symbole d'un retour aux sources..."
L'intérieur du monument surprend par sa haute voûte de pierre aux colonnes cintrées. "C'est une pierre bleutée venant de la carrière du Paradis des anes, un calcaire extrêmement dur. A l'origine, il n'y avait pas de joint ; les pierres s'ajustaient les unes sur les autres en fonction de leur taille. Aujourd'hui, après restauration, la pierre apparait nue, mais au Moyen Age, elle était crépie, décorée, colorée".
LE CHEMIN DU BAOU
Retour au village par le chemin du Baou, celui qu'empruntaient les charettes, et ancien chemin de Gréoux. Passage devant la Croix, construite en 1827, avant d'atteindre la fontaine et le lavoir."Il n'y a l'eau au village que depuis 1965. A la fin du 19ème siècle, le curé a bien tenté de faire monter l'eau à l'aide de deux béliers hydrauliques ; le système en lui-même était valable, mais les conduites en céramique se sont révélées trop fragiles... La citerne était alors le seul point d'eau, une eau drainée sous le village par une galerie. On venait au lavoir une fois par mois pour faire la lessive, une opération qui durait trois jours durant lesquels les femmes dormaient au cabanon tout proche". LE LAC D'ESPARRON
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