UN PARC NATUREL REGIONAL EN PAYS SAINTE BAUME (83/13)
3ème partie
PROTEGER LA BIODIVERSITE
Septembre 2010 : que devient le projet du futur P.N.R. du Pays Sainte Baume ?
"Nous en sommes à la création du syndicat mixte de préfiguration qui permettra de mettre en place la charte, et ensuite la composition d'un syndicat de gestion", a déclaré Sylvie Guignonnet, chargée de mission PACA, le 26 septembre à La Roquebrussanne, lors de la fête des P.N.R. Diverses associations sont venues rappeler l'importance de la biodiversité, tant floristique que faunistique, sur ce massif situé au coeur de la Provence.
CARRIERE ET DECHARGE : FEU VERT POUR LE DEBOISEMENT
Robert Durand, de l'association "Environnement Méditerranée", et géologue, a annoncé la poursuite des projets de la carrière Audemard et de la décharge Véolia sur les anciennes mines de Mazaugues, malgré toutes les actions entreprises pour démontrer le risque de pollution de l'énorme réserve d'eau souterraine à cet endroit. Le film qu'il a réalisé avec des spéléologues, met en évidence la communication entre les eaux souterraines et les sources alimentant les villages. "Mais le préfet vient de donner l'autorisation de déboisement nécessaire pour entreprendre les travaux. Il a été saisi à deux reprises par les avocats des associations souhaitant sauvegarder le site... Il n'a pas répondu. A la question de la pollution éventuelle du lac de Carcès, Véolia (qui exploite également les eaux du lac), explique que dans cette alternative, les eaux seront traitées..." Un recours est-il encore possible ? "Une pétition sera disponible sur le site des associations concernées, et nous envisageons de manifester..." 
ARRETE PREFECTORAL DU 28 MARS 2011 : REFUS DE L'INSTALLATION DE LA DECHARGE SUR LE SITE DE MAZAUGUES ; Val Sud a deux mois pour déposer un recours...
SAINTE BAUME LA FLORE DE L'UBAC
La face nord de la Sainte Baume, avec sa haute falaise, son ensoleillement réduit, ses précipitations abondantes et ses brouillards fréquents, offre "un micro-climat indispensable à la survivance d'une flore non-méditerranéenne : plantes des Alpes, d'Europe du Nord, et même de Sibérie." Jean Le Dantec, ancien professeur de géologie-biologie, a donné un aperçu de cette végétation acclimatée en terrain calcaire et faible luminosité. L'une des curiosité est la hétraie. "Elle est en fait très localisée, à l'aplomb du Saint Pilon, où elle occupe une superficie d'un peu moins de 50 ha, sans compter quelques îlots dans la chênaie. Ce que le hêtre exige, c'est surtout un taux d'humidité de l'air suffisamment élevé. On observe ici des troncs d'une quarantaine de mètres de haut, et de 3 mètres de circonférence ; de quoi faire pâlir ses collègues du nord. Ils sont remarquables, ces troncs, avec leur rectitude, et leur écorce lisse. On rencontre également les plus beaux ifs de France, qui battent des records de longévité ; la belladone, plante des sorcières, très toxique, utilisée en médecine." Ou encore le lis martagon, fleur rare et protégée, d'un rose délicat moucheté de rouge ; l'ancolie, appelée aussi "gants de fée" ou de "Marie", dont les graines ont longtemps servi à composer des parfums aphrodisiaques, et qui fut l'emblème du fou du roi ; la grande berce... 
Jean Le Dantec travaille avec l'Ecomusée Découverte Sainte Baume, qui produit de nombreux CD et DVD, dont celui de "la flore de l'ubac de la haute chaîne de la Sainte BAUME. En savoir plus
LES OISEAUX MERVEILLEUX DE LA SAINTE BAUME
Gilles Viricel, ornithologue du groupe L.P.O. Sainte Baume, a présenté quelques "oiseaux merveilleux", rappelant que la protection d'une espèce n'est pas un frein à certains aménagements de territoire. "L'espèce est protégée, mais pas son habitat ; il n'y a guère que les espaces Natura 2000 qui peuvent garantir les habitats, avec parfois des accords pour l'exploitation de carrières, soumise à des conditions précises..."
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Dans les milieux forestiers, on remarque le circaète Jean Le Blanc, migrateur hivernant au sud du Sahara ; "le pic noir, que l'on ne rencontre, en Basse Provence, que sur le versant nord de la Sainte Baume" ; la mésange noire, appelée aussi "petite charbonnière", et plus fréquente dans les départements alpins. "En zone rupestre, on a l'aigle de Bonelli, dont on compte ici deux couples ; c'est l'espèce la plus menacée de France ; le monticole bleu, protégé chez nous, et classé "vulnérable", du fait d'une forte baisse de ses effectifs en Europe ; "le grand corbeau, d'1,20m d'envergure, très intelligent, pourchassé depuis des siècles, a trouvé refuge dans les massifs montagneux, et on le voit très souvent sur les crêtes." En milieu de garrigue, on observe de petites espèces, comme l'alouette lulu au sourcil blanc, au chant très particulier, et qui fréquente également les terrains agricoles ; la fauvette pitchou, au cercle orbital rouge, sédentaire, que l'on entend plus que l'on ne voit, et qui est typique de la Sainte Baume ; la pie-grièche écorcheur, qui se nourrit de gros insectes ; l'ortolan, objet de chasse traditionnelle dans les landes, malgré son interdiction formelle." |
Sur les crêtes, on peut voir le traquet oreillard, ainsi que le traquet motteux, plus présent dans les hautes Alpes. "La fauvette la plus rare et la plus petite, la fauvette à lunettes fréquente aussi le massif de l'Etoile et les lavandins du plateau de Valensole ; Le bruant fou, ainsi nommé parce qu'il se laissait facilement attraper dans les filets au 19ème siècle, n'est aujourd'hui pas menacé.
En milieu agricole, niche le rollier d'Europe, aux alentours de Tourves, Rougiers et La Roquebrussanne, c'est un migrateur cavernicole ; le cochevis huppé, dont l'espèce se raréfie, est visible dans la plaine de La Roquebrussanne, et aux environs de Saint Maximin ; l'hirondelle rousseline niche fréquemment sous les ponts, et reste en effectif réduit en France.
Dans les zones humides, vivent le grèbe castagneux et le blongios nain, un petit héron observé à Gemenos et à Tourves, et dont on a recensé 300 couples en France. Le guêpier d'Europe revient chaque printemps à Signes, à la carrière de Chibron (environ 10 couples) ; le cingle plongeur, qui nage sous l'eau et fait souvent son nid derrière les cascades, est un témoin de la qualité de l'eau ; la rousserolle turdoïde fixe son nid dans les roseaux, à 1m du sol ; le loriot d'Europe, qui aime se cacher dans le feuillage des grands arbres, se retrouve sur les armoiries d'Auriol..."
LA BIODIVERSITE DE LA SAINTE BAUME ET D.S.B.E.T. L'association "Découverte Sainte Baume", agréée pour la protection de l'environnement, est un écomusée-territoire du Var et des Bouches du Rhône. L'un de ses membres, Jean-Jacques Salone, a développé les actions entreprises pour la protection de ce massif de plus en plus habité et fréquenté. "Montagne-refuge, entre Alpes et Méditerranée, protégée depuis longtemps, elle abrite de nombreux habitats, intriqués les uns dans les autres ; une nature très prisée des scientifiques, qui en rassemblent inlassablement les données. L'association effectue des inventaires affinés par des botanistes, diffuse les connaissances et sensibilise le public à travers son site, la publication d'un journal, de DVD et de brochures. Elle agit en partenariat avec communes, conseils généraux et d'autres associations." Voir le site 
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